Particules ultrafines, carbone suie, carbone organique : l’Anses tire la sonnette d’alarme sur l’effet néfaste de ces particules composantes de l’air ambiant non réglementées et recommande leur prise en compte dans les politiques publiques relatives à l’air.
Les
particules fines de l’air ne seraient pas les seules à être nocives pour la santé. C’est l’une des conclusions de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) qui a publié mardi 12 juillet les résultats de son expertise relative aux particules de
l’air ambiant. Prenant en référence le rapport Review of evidence on health aspects of air pollution de l’Organisation mondiale de la santé ainsi que 160 études qui portaient à la fois sur des composés, leurs sources d’émission ou leurs effets sur la santé, l’Agence a pu, après une revue méthodique, confirmer “avec des niveaux de preuve forts les effets sur la santé […] liés à certaines composantes des particules de l’air ambiant dont les particules ultrafines, le carbone suie et le carbone organique”. Atteintes respiratoires, cardiovasculaires et décès anticipésDans son expertise, l’Anses explique que les données recueillies ont permis de renforcer le lien entre l’exposition aux
particules ultrafines, au carbone suie ainsi qu’au carbone organique, et les
atteintes respiratoires,
cardiovasculaires et les décès anticipés. Sur le plan de la santé neurologique et la santé périnatale, l’Agence estime que le corpus d’études, bien qu’encore “limité”, suggère “un effet du carbone suie et des particules ultrafines sur le développement des
performances cognitives de l’enfant, ainsi qu’un effet du carbone suie sur le faible poids de naissance”. Aussi, elle recommande de prendre en compte ces trois indicateurs particulaires, actuellement non réglementés, dans les politiques publiques relatives à l’air en complément des indicateurs de particules PM2,5 et PM10 actuellement en vigueur. Cette étude a également confirmé les effets sur la santé de l’exposition à différentes sources d’émission, notamment le
trafic routier, la combustion de charbon, de produits pétroliers et de biomasse. L’Anses insiste donc sur la nécessité d’agir sur ces sources d’émission. Enfin, face au manque de données sur le sujet, elle “recommande de poursuivre les efforts de recherche sur les effets sur la santé associés à d’autres sources de particules telles que l’agriculture, le transport maritime, l’activité aéroportuaire”. Réduire le trafic et promouvoir les technologies alternativesL’Anses a également étudié différents scénarios concernant les émissions de polluants à partir du trafic routier d’ici 2025. Dans son communiqué, elle explique “que les évolutions de technologies du parc de véhicules permettront une diminution plus ou moins marquée de la pollution de l’air ambiant selon les scénarios, mais qu’elles seront insuffisantes pour améliorer, à elles seules, la qualité de l’air ambiant dans les agglomérations”. Ainsi, elle recommande et encourage “la promotion des technologies alternatives et surtout la réduction du trafic, à travers notamment le renforcement des autres modes de mobilité, dans le cadre des politiques d’amélioration de la qualité de l’air”.
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